Par François Rioux — On n’a pas idée aujourd’hui de l’importance de la renommée d’Albert Einstein après que l’observation de l’éclipse totale de 1919 démontra la véracité de sa théorie de la relativité générale. La communauté scientifique eut enfin l’occasion de tester la prédiction qu’il avait faite quatre ans auparavant à l'effet que la gravité engendrée par la masse du Soleil aurait pour effet de faire dévier la lumière provenant des étoiles lointaines d’exactement 1,7 seconde d’arc. Cette confirmation produisit une onde de choc qu’il est difficile d’imaginer aujourd’hui, et changea instantanément les fondements mêmes de la physique traditionnelle. Le monde avait peine à imaginer que la lumière n’empruntait pas une trajectoire définie ou rectiligne, mais épousait plutôt des chemins courbes induits par des déformations dans l’espace-temps, elles-mêmes engendrées par la présence de corps massifs. Wow! En redéfinissant ainsi le tissu de l’Univers, il coupait les amarres avec Isaac Newton, et faisait de lui le plus important scientifique de son époque. Il fut invité à effectuer une tournée magistrale des États-Unis, comme en témoigne cette intéressante photographie datant de 1921, prise à l’occasion d’une procession triomphale à New York en son honneur. Après que ses collègues l’eurent soulevé sur leurs épaules à son arrivée en bateau, ils le déposèrent dans la voiture de tête, afin qu’il soit acclamé par des milliers de personnes en liesse au son des fanfares. Quelques mois plus tard, il devait recevoir le prix Nobel de physique, devenant – et demeurant pour d’aucuns – le scientifique le plus célèbre et le plus respecté de l’histoire, ex æquo peut-être avec Galilée et Newton qui, chacun à leur manière, redéfinirent notre compréhension de l’Univers.
Par François Rioux — On sait aujourd'hui que la chute de l'Empire romain ne fut pas "le fruit naturel et inévitable de l'excès de sa grandeur", comme on l'a longtemps prétendu. Il ne s'est pas non plus autodétruit sous les effets de sa propre décadence. Cet effondrement fut plutôt le triomphe des forces de la nature. Ce sont en effet les maladies infectieuses et les changements climatiques qui ont scellé le sort de la Rome Antique. Un climat particulièrement favorable (chaud, humide et étendu) fut le principal facteur qui a propulsé l'expansion et le rayonnement de l'Empire, mais ces "jours heureux" prirent fin lorsqu'un cycle d'aridification suivi d'un refroidissement des températures s'installa à partir de 240 apr. J.-C., tarissant ainsi graduellement les sources d'approvisionnement agricole et emportant dans son sillage l'économie romaine qui avait été érigée sur la surabondance des ressources. Les virus et les...

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