Par François Rioux — Abattre un animal à une distance d’au-delà de deux mètres avec une sagaie fabriquée selon les techniques préhistoriques relève du prodige. De nombreux expérimentateurs modernes vous le diront. Par conséquent, les femmes et les hommes préhistoriques n'ont pas réussi à survivre en lançant ces javelots imprécis, mais bien plutôt en pourchassant leur proie, quelquefois sur des dizaines de kilomètres. Depuis deux millions d’années, l’Homo erectus a perfectionné la technique de chasse dite à l’épuisement: il repérait une proie, l'approchait, puis, lorsque celle-ci détalait, il la poursuivait. L’animal, haletant, s’arrêtait pour reprendre son souffle avant de fuir à nouveau à l’approche du chasseur, jusqu'à ce qu'il stoppe définitivement ou s'écroule, épuisé. Depuis que l’hominidé est descendu des arbres pour adopter la position debout, la sélection naturelle a favorisé le développement de caractéristiques physiques permettant une endurance accrue: notamment, nos jambes se sont allongées, nos genoux ont mieux absorbé les chocs, et nos tendons d’Achille se sont transformés en ressorts élastiques. Surtout, la réduction de notre système pileux a permis une transpiration abondante. En effet, notre quasi-absence de poils et notre capacité à transpirer facilitent notre refroidissement corporel, même lors d'efforts intenses ou de chaleurs extrêmes. Aucun autre animal n'est autant adapté que l'être humain pour courir sur d’aussi longues distances de manière continue. C’est donc grâce à cette capacité d’endurance inhabituelle que nous avons pu avoir accès à une alimentation de plus en plus riche en protéines, et bientôt occuper une position dominante dans la chaîne alimentaire. Bref, nous sommes faits pour courir: "Allez! À vos espadrilles!" Revue_Nature Québec_Science Science_et_Avenir Issues.fr
Par François Rioux — On sait aujourd'hui que la chute de l'Empire romain ne fut pas "le fruit naturel et inévitable de l'excès de sa grandeur", comme on l'a longtemps prétendu. Il ne s'est pas non plus autodétruit sous les effets de sa propre décadence. Cet effondrement fut plutôt le triomphe des forces de la nature. Ce sont en effet les maladies infectieuses et les changements climatiques qui ont scellé le sort de la Rome Antique. Un climat particulièrement favorable (chaud, humide et étendu) fut le principal facteur qui a propulsé l'expansion et le rayonnement de l'Empire, mais ces "jours heureux" prirent fin lorsqu'un cycle d'aridification suivi d'un refroidissement des températures s'installa à partir de 240 apr. J.-C., tarissant ainsi graduellement les sources d'approvisionnement agricole et emportant dans son sillage l'économie romaine qui avait été érigée sur la surabondance des ressources. Les virus et les...

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