Par François Rioux — Affirmer que nous trouvons les fleurs belles relève de l’euphémisme. Il serait plus exact de dire que nous pouvons tomber en pâmoison à en perdre le souffle devant une orchidée ou une simple pivoine. Qu'on le veuille ou non, il s’agit pour chaque fleur d’une dépense d'énergie considérable que celle d'agencer autant de formes et de coloris de leurs pétales, pistils et étamines... juste pour susciter notre émoi! Lorsqu’on y pense, pour qu'une stratégie aussi sophistiquée soit productive, il faut nécessairement que les pollinisateurs, dont elles dépendent pour transférer leur pollen à d'autres fleurs, soient sensibles à leur beauté. A-t-on idée de l'effort à l'échelle des dizaines de millions d'années que cela a nécessité à toutes ces espèces de roses, d'hémérocalles ou de tulipes pour devenir aussi splendides? Comment pouvons-nous soutenir que ce mécanisme évolutif adaptatif ne soit pas associé aux lois implacables de la nature — si bien décrites par Darwin — qui font en sorte que ce sont les espèces et les individus qui s’adaptent le mieux qui ont le plus de chances de survivre? Pour ma part, cela me porte à croire que les fleurs ont "l'intention" d'être belles. Je me plais à imaginer les lobélies ainsi courtiser abeilles, papillons et colibris: “Viens ici, butine-moi, vois ma forme attirante!”, “Ben non! Viens plutôt vers moi!”. Lorsque je visite le Jardin botanique, c’est bien le langage silencieux que croiraient surprendre mes yeux ébahis. Sans compter que nous pourrions pareillement discourir à propos de l’infinie variété de parfums qu'elles dégagent… Ah! Le monde des fleurs!
Par François Rioux — On sait aujourd'hui que la chute de l'Empire romain ne fut pas "le fruit naturel et inévitable de l'excès de sa grandeur", comme on l'a longtemps prétendu. Il ne s'est pas non plus autodétruit sous les effets de sa propre décadence. Cet effondrement fut plutôt le triomphe des forces de la nature. Ce sont en effet les maladies infectieuses et les changements climatiques qui ont scellé le sort de la Rome Antique. Un climat particulièrement favorable (chaud, humide et étendu) fut le principal facteur qui a propulsé l'expansion et le rayonnement de l'Empire, mais ces "jours heureux" prirent fin lorsqu'un cycle d'aridification suivi d'un refroidissement des températures s'installa à partir de 240 apr. J.-C., tarissant ainsi graduellement les sources d'approvisionnement agricole et emportant dans son sillage l'économie romaine qui avait été érigée sur la surabondance des ressources. Les virus et les...
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