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La gauche arrive en ville

Par François Rioux — Il s'avère qu'on élise de plus en plus de maires réformateurs qui s'affichent à gauche, et force est de constater que ce soient eux qui, en ce moment, suscitent davantage l'adhésion au niveau municipal. Ce fut du moins le cas pour Montréal (Valérie Plante), Québec (Bruno Marchand), Longueuil (Catherine Fournier) et Toronto (Olivia Chow) pour ne nommer que certaines des plus grandes villes canadiennes. En ce qui concerne ce palier décisionnel qu'on désigne souvent par "gouvernement de proximité", étant le plus rapproché de la base citoyenne, on note tout d'abord qu'il s'agit le plus souvent de femmes. On observe aussi qu'elles mettent de l'avant des valeurs comme la participation citoyenne, le logement social (l'accès aux logements abordables), l'environnement vert (ruelles, parcs), les moyens de déplacement accessibles et bon marché tels que le transport collectif, le développement de pistes cyclables, les mesures favorisant la protection des piétons, ainsi que celles visant la réduction de la dépendance à la voiture. On semble donc pour l'heure s'éloigner de certains thèmes naturellement chers à la droite du spectre politique comme le développement économique (la stimulation de la croissance), la mobilité individuelle (qu'on surnomme le "tout-à-l'auto"), le rayonnement international (l'accueil ou l'organisation de grands événements culturels, sportifs ou commerciaux), le renforcement des forces de l'ordre, et l’allègement des dépenses publiques. Doit-on s'en plaindre?


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